L'ultime offrande

Dernière étape de sa vie

À partir de septembre 1991 jusqu’à sa mort au début de 1995, Mère Julienne entre dans une étape de maladie et de purification profonde. Son plus cher désir, souvent exprimé, est de mourir dans un acte d’amour parfait. Et le Seigneur se chargera de l’y préparer par de mystérieux dépouillements.

Quelques années avant la fin, elle dit : « Ma vie, je l’ai voulue une messe, je l’ai nourrie d’une messe quotidienne. J’entrevois ma mort comme une dernière messe qui s’éternisera en “Amour et gloire à la Trinité par le Cœur Eucharistique de Jésus!” C’est ma vie! » Ces paroles, chargées de sens, résument bien sa vie.

Pourtant, même dans cette étape douloureuse, elle est toujours heureuse de prendre du temps avec ses filles et avec les personnes qui viennent lui rendre visite, transmettant quelque chose de l'amour qui la consume : son cœur brûle toujours d'un feu apostolique ardent. En 1993, elle confiait : « Ma vie s’achève, mais ce n’est qu’apparent; ma mission va commencer, ma mission de chercher des adorateurs. J’espère répandre le feu de l’Amour eucharistique dans le monde, répandre la dévotion au Cœur Eucharistique avec mes filles, partout où elles seront, faire aimer Notre-Seigneur dans son sacrement d’amour ».

Le 3 janvier 1995, quelques jours avant son décès, elle partage ces paroles avec une sœur : « C’est assez drôle ce que je vis cette année à propos des Mages : c’est comme si je les voyais venir, c’est comme si je les guidais, comme si je les aidais à marcher dans la droite ligne vers le berceau de Jésus. L’étoile de la foi se réveille en eux. Ils vont la suivre et reconnaître Jésus, l’adorer, lui offrir des présents. » Jusqu’à son dernier souffle, Mère Julienne veut guider des personnes vers Jésus, vers son Cœur Eucharistique.

Le moment du départ

En la fête de l’Épiphanie, le 6 janvier, tôt le matin, elle entre en agonie. Au cours de la matinée, entourée de ses filles et de quelques autres personnes, dont l'aumônier et des membres de sa famille naturelle, elle vit dans sa chambre la célébration d’une dernière messe. Une heure plus tard, ce sera effectivement son dernier acte d’amour, offert à Dieu dans un dépouillement total. Elle termine ainsi la messe de sa vie pour se réveiller, nous en avons l’intime conviction, dans l’Offrande éternelle du Fils au Père.

Les funérailles

C'est en l'église de la Nativité de Notre-Dame dans l'arrondissement de Beauport, Québec, qu'ont lieu les funérailles de celle que des milliers de gens sont venus saluer une dernière fois pendant les trois jours où elle a été exposée.

 

La célébration est présidée par l'archevêque de Québec, Mgr Maurice Couture, r.s.v., entouré d'une centaine de prêtres. La vaste nef de l'église est remplie malgré le froid sibérien qui règne à l'extérieur.

 

L'homélie, prononcée par un grand ami de Mère Julienne, le Père Jean-Marie Côté, C.Ss.R., se termine par ces mots qui résument bien quelque chose du mystère de cette « Femme de lumière et de feu » :

« Julienne du Rosaire : un alliage de fragilité et de force, de petitesse et de grandeur, de simplicité et d’audace, d’intuition et de réflexion, de fraîcheur et de profondeur, de délicatesse et d’intensité, de sérieux et de sourire, d’écoute et de parole, de prière et d’action, de vif souci de vérité et de compassion; et des yeux pénétrants, inoubliables, brillant d’une lumière venue d’ailleurs. Julienne du Rosaire : tellement avec nous et toute tendue vers le Père, vers le Fils et l’Esprit Saint. »