Dieu à l'œuvre dans sa vie

Il est donc temps de nous approcher davantage du mystère qui habite Julienne et d’y découvrir les étapes qui la conduiront à sa future vocation de fondatrice. Suivons la lecture qu'elle-même fait de son cheminement.

Une première découverte : le mystère de l’Ascension

 

Le premier souvenir relaté par Julienne nous reporte à sa toute petite enfance, à l'âge de quatre ans. Elle est assise sur les genoux de sa mère qui lui parle du mystère de l’Ascension, évoquant la fête liturgique du jour où l'enfant fut baptisée. Dans son imagination, Julienne se voit monter au ciel, blottie dans les bras de Jésus. Déjà, elle découvre que le baptême ouvre la porte du ciel et que c’est en Jésus que se réalise notre ascension vers la Vie éternelle. La certitude lui est donnée d’aller un jour au ciel.

 

Première communion et découverte de la présence de Jésus dans l’Eucharistie

Déjà séduite par Jésus, Julienne expérimente d’une manière sensible sa présence eucharistique lors de sa première communion, le 25 décembre 1916. Elle a cinq ans et demi. À partir de ce moment, la Présence réelle devient l’attrait dominant de sa vie intérieure, l’amenant à vouloir rejoindre sans cesse son Seigneur au tabernacle de l’église paroissiale.

 

Découverte de la Parole de Dieu et expérience de la rencontre de Jésus avec la Samaritaine

Toute jeune, Julienne fait également la découverte de la Parole de Dieu. Elle commence à étudier l'Évangile, surtout en présence du Seigneur au Saint-Sacrement, vivant là ce qu'elle vient d'apprendre. 

Elle lit l'Évangile du jour avec attention. Lorsqu'elle reçoit Jésus dans la communion, elle le reçoit toujours en lien avec l'Évangile disant que c'était la façon dont le Seigneur se donnait à elle ce jour-là.  

C’est en étudiant l’Évangile que Julienne fait l'expérience toute spéciale de Jésus, expérience qui marquera toute sa vie. À douze ans, alors qu'elle médite le texte de la Samaritaine devant le Saint-Sacrement, elle est séduite par le Christ au puits de Jacob et elle l’interroge sur le don de Dieu. Ce qui la frappe surtout, c'est la parole de Notre-Seigneur : « Si tu connaissais le don de Dieu » (cf. Jn 4, 10). Cette parole résonne dans son esprit, dans son cœur. Elle cherche à saisir ce que le Seigneur voulait faire comprendre à la Samaritaine. Julienne demande à Jésus de lui dire ce qu'est ce don qu'il faut connaître. Et elle comprend que c'est Jésus dans l'Eucharistie qui est le don de Dieu.

 

Le Père cherche des adorateurs

Entre 12 et 17 ans, une autre parole de Jésus à la Samaritaine la travaille : « Mon Père cherche des adorateurs (cf. Jn 4, 23) ». Elle a l'impression de percer petit à petit le Cœur du Christ et de découvrir son désir de donner des adorateurs au Père. Et elle sent qu'il lui faut l'aider à en trouver.

En même temps, elle en arrive à comprendre que si Jésus dit : « l’heure est venue », c’est que c'est lui, le Fils de Dieu incarné, « qui est le seul vrai adorateur du Père et que nous sommes adorateurs en lui et par lui; que le premier battement de son Cœur, son premier souffle de vie fut, non pas son premier acte d’adoration, mais le commencement d’une adoration qui ne devait jamais finir ».  « Nos pauvres adorations - dira-t-elle - doivent se perdre dans l'océan d'amour du Cœur de Jésus et monter vers Dieu transformées en la sienne, et que par l’Eucharistie, il veut nous associer à sa vie d’adoration et d’amour ». 

 

 

Progressivement, elle prend conscience que la messe est le vrai sacrifice d'adoration que Jésus offre à son Père.

  

À travers ce cheminement, Julienne perçoit de mieux en mieux l’appel à une vocation missionnaire eucharistique, vocation qu'elle voit se réaliser dans la vie religieuse.