De la fondation à ses dernières années

Profondément « mère » pour ses filles, la fondatrice favorise l’éclosion des dons et des charismes chez l'une et chez l'autre, accueillant avec enthousiasme les découvertes spirituelles et les initiatives de chacune. Dans le gouvernement de la Congrégation, ses collaboratrices ont toute sa confiance.

Elle visite les sœurs dans leurs divers milieux, soit au pays, soit à l'étranger, prodiguant aux sœurs son encouragement et ses conseils judicieux. Elle porte beaucoup d'attention aux gens de ces milieux qu'elle considère comme sa "famille élargie". 

Bien que l’essentiel de la spiritualité lui ait été donnée entre 1942 et 1945, Mère Julienne du Rosaire en découvre progressivement des aspects nouveaux pour l’incarner toujours plus profondément dans sa vie. Elle y entraîne non seulement ses filles, mais un nombre toujours grandissant de personnes à l'extérieur de la communauté.

Pendant près de cinquante ans, Mère Julienne du Rosaire dirige avec discernement, audace, et courage les destinées des Dominicaines Missionnaires Adoratrices. Elle est fidèlement secondée par sa compagne des débuts, Mère Colette Brousseau, ainsi que par les générations de femmes qui, au long des années, viendront se joindre à elle.

Ce qui impressionne particulièrement chez Mère Julienne, c'est son intense amour du Christ ainsi que la richesse et la profondeur de l’enseignement qu'elle dispense tout au long des années. Par des conférences régulières, elle fait communier ses filles au mystère chrétien sous divers aspects, et très spécialement, au mystère eucharistique, « don de Dieu » jaillissant sans cesse du Cœur du Christ. 

Son enseignement, Mère Julienne le puise à même sa propre vie, dans son expérience spirituelle et dans les lumières qu’elle a reçues; mais surtout à travers sa manducation constante de la Parole de Dieu dans les textes de la liturgie du jour et toujours en fidélité à la pensée de l'Église.

Dans ses entretiens, Mère Julienne trace des voies de sanctification simples, mais exigeantes. Elle cherche à entraîner suavement les personnes à répondre à « l’Amour qui se donne » par le don de soi dans l’amour à la manière de Jésus, quoi qu’il en coûte.

Veut-elle faire saisir comment on peut adorer en esprit et en vérité? Elle insiste sur l'importance d'entrer dans les sentiments du Christ et de faire de notre vie, comme il l’a fait lui-même, une recherche amoureuse et active de la volonté de Dieu.

C’est d’ailleurs ce que Mère Julienne fera elle-même, jour après jour et année après année, tout au long de sa vie. En effet, elle est habitée par une soif profonde de répondre à la demande du Cœur Eucharistique de Jésus d’honorer son acte d’amour du Jeudi saint; comme lui, elle veut en voulant aimer et se donner « in finem, jusqu’à l’extrême » (cf. Jn 13, 1).

Mère Julienne offre occasionnellement des entretiens à des laïcs dont certains font partis de groupes qui se réunissent régulièrement au Cénacle du Cœur Eucharistique de Beauport.

Les prêtres aussi profitent de son enseignement. Au cœur de sa vie de prière et de sacrifice, Mère Julienne les porte d’une manière très spéciale, invitant ses filles à faire de même. Elle rappelle souvent que le Sacerdoce est sorti du Cœur du Christ au Jeudi saint en même temps que l’Eucharistie; pour elle, c'est tout un.

 

 

Ardente apôtre du Cœur Eucharistique

 

Mère Julienne est brûlée du grand désir de donner le Cœur du Christ à toutes les personnes qui s’approchent d’elle, et même au-delà. Depuis le début de la fondation, elle réserve tous ses dimanches après-midi à l’accueil des gens – très nombreux – qui veulent la rencontrer pour lui demander conseil, mais surtout pour se recommander à son intercession auprès du Seigneur. 

 

 

Il arrive parfois à Mère Julienne d’interpeller tout doucement les gens : « Vous me demandez de prier. Et vous, priez-vous? Participez-vous à la messe dominicale? » Quand la réponse manifeste un certain éloignement, elle ajoute délicatement et avec beaucoup de tendresse : « Savez-vous de quoi vous vous privez? »